Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/211

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le choix d’un candidat était si lucratif, de porter leurs vues sur un homme plus âgé. Malgré ce reproche, le sénat ne procéda pas moins à décorer Justinien du titre royal de nobilissimus ; et soit par attachement pour son neveu, soit par des motifs de crainte, l’empereur ratifia le décret. La faiblesse d’esprit et de corps où le réduisit bientôt une blessure incurable qu’il avait à la cuisse, ne lui permit plus de tenir les rênes de l’empire. Il manda le patriarche et les sénateurs ; et en leur présence, il plaça le diadème sur la tête de Justinien, qui du palais fut conduit au Cirque, où il reçut les bruyantes et joyeuses félicitations du peuple. Justin vécut encore quatre mois ; mais depuis cette cérémonie, on le regarda comme mort pour l’empire, qui reconnut pour souverain légitime de l’Orient, Justinien, alors dans la quarante-cinquième année de son âge[1].

Règne de Justinien. A. D. 527, Avril l. A. D. 565. Nov. 14.

Le règne de Justinien depuis son élévation jusqu’à sa mort à été de trente-huit ans sept mois et treize jours. Le secrétaire de Bélisaire, le rhéteur Procope, que ses talens élevèrent au rang de sénateur et de préfet de Constantinople, a raconté avec soin les

  1. On trouve le règne de Justin l’Ancien dans les trois Chroniques de Marcellin, de Victor et de Jean Malala, t. II, p. 130-150, dont le dernier vécut (quoi qu’en dise Hody, Prolegom., nos 14, 39, édit. d’Oxford) peu de temps après Justinien. Jortin's Remarks, etc., vol. IV, p. 383, dans l’Histoire ecclésiastique d’Evagrius (l. IV, c. 1, 2, 3, 9) ; et dans les Excerpta de Théodorus (Lector, no 371) ; dans Cedrenus, p. 362-366 ; et dans Zonare, l. XIV, p. 51-61.