Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/403

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disciplines ni exercés, la plupart d’entre eux, endurcis aux maux de la pauvreté, étaient en état de porter les armes pour la défense de leur pays et de leur religion. La prudence de Bélisaire ne négligea pas cette importante ressource : le zèle et l’activité du peuple soulageaient ses soldats ; tandis qu’ils dormaient ou se reposaient, les habitans montaient la garde ou travaillaient : il accepta le service volontaire des plus braves et des plus indigens des jeunes Romains ; et les compagnies bourgeoises remplirent souvent des postes d’où l’on avait tiré les soldats pour des services plus importans. Mais il comptait principalement sur les vétérans qui avaient combattu sous lui dans les guerres de Perse et d’Afrique ; et quoique cette brave troupe fût réduite à cinq mille hommes, il résolut, avec des forces si peu considérables, de défendre un cercle de douze milles, contre une armée de cent cinquante mille Barbares. Il construisit ou répara les murs de Rome, où l’on distingue encore les matériaux de l’ancienne architecture[1], et des fortifications environnèrent toute la ville, si l’on en excepte un espace qu’on distingue encore entre la porte Pincia et la porte Flaminia, et que les préjugés des Goths et des Romains laissèrent sous la garde de l’apôtre saint Pierre[2]. Les créneaux ou les bastions présentaient

  1. L’œil exact de Nardini y distinguait les Tumultuari opere di Belisario. (Roma antic., l. I, c. 8, p. 31.)
  2. L’ouverture et l’inclinaison qu’observa Procope dans la partie supérieure de la muraille (Goth., l. I, c. 13), se