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CHAPITRE II

LA VALEUR

I

IDÉE GÉNÉRALE QUE NOUS DEVONS NOUS FAIRE DE LA VALEUR.

Il résulte du chapitre précédent que quand nous savons qu’une chose est propre à nous procurer une satisfaction quelconque, quand elle est en un mot une richesse, nous la désirons donc, mais toutes les richesses ne sont pas également désirables ; il en est que nous prisons très haut il en est dont nous faisons peu de cas nous établissons entre elles une sorte de hiérarchie. En un mot, nous avons des préférences.

Or, l’ordre de ces préférences, ce rang inégal dans notre estime que nous attribuons aux choses, c’est là précisément ce qu’exprime le mot de valeur. Dire que l’or a plus de valeur que l’argent, ou d’une façon plus générale que l’or a une grande valeur, c’est constater tout simplement ce fait que pour une raison ou pour une autre (nous chercherons tout à l’heure pour quelle raison) nous jugeons que l’or est plus désirable que l’argent ou plus désirable que tout autre objet. La valeur, qui est l’idée maîtresse de toute la science économique, ne désigne donc rien de plus qu’un fait très simple en lui-même, le fait qu’une chose est plus ou moins désirée. Disons tout simplement que la valeur c’est la désirabilité, ou mieux le degré de désirabilité[1].

Mais il faut analyser ceci.

  1. Il serait à souhaiter que ce mot, que nous avons employé dans la première édition de ce livre, en 1883, quoique un peu barbare, acquît