Page:Gide - Un esprit non prévenu, 1929.djvu/36

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Avec le naturel, je perdais aussitôt tous moyens. Titres, galons, décorations me donnaient le vertige ; je ne parvenais pas à me persuader qu’on pût reconnaître la valeur des gens à leur manche ; et tout à la fois je ne prenais rien au sérieux de ce qu’il eût fallu révérer et j’étais si soucieux de marquer de la révérence que je donnais du front partout, à tort et à travers, prêt à tous les effacements ; cela n’engageait rien et n’engageait à rien.

Mon esprit est, avant tout, ordonnateur. Mais mon cœur souffre de laisser rien à la porte.

Et je comprends de reste ceux qui,