Page:Gide - Un esprit non prévenu, 1929.djvu/55

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

ciblement prétentieux. Il a tout à la fois le mépris d’autrui et le souci d’autrui, de sorte que tout à la fois il dédaigne de séduire et cherche constamment d’étonner. Ses jugements sont d’un niais. Rien ne rend plus sot les intelligents, que l’orgueil.

Aucune infatuation chez Flaubert. Sans cesse il se craint au-dessous de sa tâche. Il s’applique. On ne le voit jamais passer outre et le mot admirable du père Ingres (je crois qu’il est de Poussin) : « Je n’ai jamais rien négligé » trouve dans son travail une constante application. Il est assidu jusqu’à prétendre, et peut-être pas si paradoxalement qu’on le croirait d’abord, que l’inspiration consiste à se mettre devant sa table chaque jour