Page:Girard - Naufrage de l’Excel, paru dans Le Monde illustré, 13 février 1858.djvu/10

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L’aube parut ; à ses premières clartés on reconnut avec joie que la mâture était encore debout et qu’un homme était encore cramponné à la hune.

L’espérance se ranima dans tous les cœurs ; la force du vent était sensiblement tombée ; les flots avaient eux-mêmes perdu de leur violence impétueuse. On reprit l’œuvre interrompue du sauvetage avec une ardeur et une résolution toutes nouvelles.

Deux embarcations s’armèrent pour tenter simultanément et concurremment cette généreuse conquête. La chaloupe de l’administration des postes était montée par le pilote Fiquoy, chevalier de la Légion d’honneur, Lasquelle, également pilote, Barens (Jacob) Dohen, Lasquelle (Julien), Coittet, Malfoy et Lebac (Charles) ; le canot du steamer britannique reçut à son bord sept marins anglais : George Bridgeford, James Malet, John Reed. Charles Pittwood, George Croft, Alexandre Shaw et Barstet Thomsett.

Ces deux embarcations s’élancèrent à l’envi vers les eaux où le malheureux réfugié sur le mât du navire sombré semblait suspendu par ce mât même au-dessus de l’abîme prêt à le dévorer. Tous les regards animés, tous les cœurs suivirent avec anxiété ce double effort, cette magnanime rivalité de dévouement.