Page:Girardin - La Canne de M. de Balzac.djvu/115

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se pinçait les lèvres, il faisait des grimaces pour garder son sérieux, sans penser qu’on ne pouvait le voir ; mais on a de la peine à s’accoutumer à être invisible.

— Messieurs, continua le ministre, le ministère n’est pas embarrassé de répondre aux attaques de ses ennemis…

Ici l’orateur s’arrêta ; puis il reprit :

— Nous sommes en mesure, Messieurs, de prouver à nos adversaires…

L’orateur s’arrêta de nouveau… il reprit :

— Ce n’est pas la première fois, Messieurs, que l’opposition nous…

Il s’arrêta encore…

— Bon, dit-il, je trouverai tout cela là-bas.

M. le ministre avait raison, il ne retrouvait toutes ses idées qu’à la tribune, ce qui était fâcheux. Cela faisait dire qu’elles y restaient.

— Il paraît que nous allons à la Chambre, pensa Tancrède ; je n’y suis pas encore allé, tant mieux !

M. le ministre se remit à chuchoter entre ses dents.