Page:Girardin - La Canne de M. de Balzac.djvu/116

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Le voilà maintenant qui se parle à lui-même, se dit Tancrède.

Mais le ministre élevant la voix…

— Sire… cela ne se peut pas. J’ai déjà eu l’honneur de le dire au roi, cela fera crier… on dira encore que…

En ce moment la voiture s’arrêta, non pas à la Chambre des Députés, comme le pensait Tancrède, mais aux Tuileries.

Le ministre descendit de voiture, Tancrède le suivit aussitôt. Par bonheur, le valet de pied était un lourdaud qui lui laissa le temps de descendre avant qu’il eût pensé à relever le marchepied.

Entraîné par le hasard et la curiosité, Tancrède s’attacha aux pas du ministre ; il n’avait jamais visité les Tuileries : tout cela l’amusait. Il franchit le grand escalier dont la magnificence l’éblouit, traverse la salle des Gardes, et pénètre, toujours à la suite de M. le ministre, dans un grave salon tendu en bleu, au milieu duquel est une grande table recouverte d’un tapis de velours bleu — chambre historique, autrefois le salon de l’Empereur, aujourd’hui