Page:Giraudoux - Électre.djvu/141

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doit gâter tout cela, qu’elle périsse !

DEUXIÈME EUMÉNIDE. – Tu as raison. C’est magnifique, l’amour, Oreste ! On ne se quitte jamais, paraît-il. On ne s’est pas plutôt séparé, paraît-il, qu’on revient en courant, qu’on s’agrippe par les mains. Où qu’on aille, on se retrouve aussitôt face à face. La terre est ronde pour ceux qui s’aiment. Déjà je me heurte partout contre celui que j’aime, et il n’existe pas encore. Voilà ce qu’Électre veut te ravir, et à nous aussi, avec sa vérité. Nous voulons aimer. Fuis Électre.

ÉLECTRE. – Oreste !

ORESTE. – Je suis réveillé, sœur.

ÉLECTRE. – Réveille-toi de ce réveil. N’écoute pas ces filles !

ORESTE. – Ô Électre, es-tu sûre qu’elles n’ont pas raison ! Es-tu sûre que ce n’est pas la pire arrogance, pour un humain, à cette heure, de vouloir retrouver sa propre trace. Pourquoi ne pas prendre la première route, et aller au hasard ! Fie-