Page:Giraudoux - Électre.djvu/143

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


l’herbe neuve, et que seule la tête de l’âne les dépasse et vous regarde. Elle te paraîtra drôle, la tête de l’âne, si tu es l’assassin de ton oncle. C’est drôle, un âne qui vous regarde quand vous avez les mains rouges du sang de votre oncle.

ORESTE. – Que dit-elle ?

TROISIÈME EUMÉNIDE. – Parlons-en, du printemps ! Les mottes de beurre qui flottent au printemps sur les sources avec le cresson, tu verras quelle caresse elles peuvent être pour le cœur de ceux qui ont tué leur mère. Étends ton beurre sur ton pain avec un couteau, ce jour-là, même si ce n’est pas le couteau qui a tué ta mère, et tu verras.

ORESTE. – Aide-moi, Électre !

ÉLECTRE. – Ainsi tu es comme tous les hommes, Oreste ! La moindre flatterie les relâche, la moindre fraîcheur les soudoie. T’aider ? Je le sais, ce que tu voudrais m’entendre dire.

ORESTE. – Alors dis le-moi.