Page:Giraudoux - Électre.djvu/162

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honte publique. Pourquoi me forcer à avouer que j’aime au-dessous de mon rang !

ÉLECTRE. – Un petit lieutenant, sans nom, sans grade ?

CLYTEMNESTRE. – Oui.

ÉLECTRE. – Tu mens. Si ton amant était un petit officier sans nom et sans gloire, s’il était le baigneur, l’écuyer, tu l’aimerais. Mais tu n’aimes pas, tu n’as jamais aimé. Qui est-ce ? Pourquoi me refuses-tu ce nom comme on refuse une clef ? Quel meuble as-tu peur que l’on ouvre avec ce nom-là ?

CLYTEMNESTRE. – Un meuble qui est à moi, mon amour.

ÉLECTRE. – Dis-moi le nom de ton amant, mère, et je te dirai si tu aimes. Et il restera entre nous pour toujours.

CLYTEMNESTRE. – Jamais.

ÉLECTRE. – Tu vois ! Ce n’est pas ton amant, c’est ton secret que tu me caches. Tu as peur que son nom me donne la