Page:Giraudoux - Électre.djvu/174

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Tu choisis bien tes amants, Agathe ! Quelle effronterie !

LE CAPITAINE. – Égisthe, le temps presse !

ÉGISTHE. – Ce sont des ornements, n’est-ce pas, Électre, tes oreilles ? De purs ornements… Les dieux se sont dit : puisque nous lui avons donné des mains pour qu’elle ne touche pas, des yeux pour qu’elle soit vue, on ne peut non plus laisser la tête d’Électre sans oreilles ! On verrait trop qu’elle n’entend que nous !… Mais dis-moi ce que l’on entend, quand on pose l’oreille contre elles ! Quel bruissement ? Qui vient d’où ?

CLYTEMNESTRE. – Êtes-vous fou ! Prenez garde ! Elles vous entendent les oreilles d’Électre.

LE PRÉSIDENT. – Elles en rougissent !

ÉGISTHE. – Elles m’entendent. J’en suis bien convaincu. Depuis ce qui m’est arrivé, tout à l’heure, à la lisière de ce bois d’où l’on voit Argos, ma parole vient