Page:Giraudoux - Électre.djvu/175

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


d’au-delà de moi. Et je sais qu’elle me voit aussi, qu’elle est seule à me voir. Seule elle a deviné ce que je suis depuis cette minute.

CLYTEMNESTRE. – Vous parlez à votre pire ennemie, Égisthe !

ÉGISTHE. – Elle sait pourquoi de cette montagne, j’ai soudain piqué des deux vers la ville ! On eût dit que mon cheval comprenait, Électre. C’est beau, un alezan clair chargeant vers Électre, suivi du tonnerre de l’escadron où la conscience de charger vers Électre allait diminuant, des étalons blancs, des trompettes aux juments pie, des serre-files. Ne t’étonne pas s’il passe la tête tout à l’heure à travers les colonnes, hennissant vers toi ! Il comprenait que j’étouffais, que j’avais ton nom sur ma bouche comme un tampon d’or. Il fallait que je crie ton nom, et à toi-même… Je le crie, Électre ?

CLYTEMNESTRE. – Cessez ce scandale, Égisthe !

LE CAPITAINE. – Égisthe,