Page:Giraudoux - Électre.djvu/177

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CLYTEMNESTRE. – Montrez-vous, Égisthe, et ils fuient !

ÉGISTHE. – J’ai peur que cela ne suffise plus, reine.

LE CAPITAINE. – Ils ont des complices dans la ville. On vient de voler les tonneaux de poix en réserve, pour incendier les quartiers bourgeois. Des hordes de mendiants s’assemblent autour des halles, prêts à piller.

CLYTEMNESTRE. – Si la garde est fidèle, qu’y a-t-il à craindre ?

LE CAPITAINE. – La garde est prête à se battre. Mais elle murmure. Vous le savez : elle n’a jamais obéi de bon cœur à une femme. Comme la ville, d’ailleurs. Si l’armée s’appelle l’armée et la ville la ville, il faut bien le dire : c’est qu’elles sont des femmes. Toutes deux réclament un homme, un roi.

ÉGISTHE. – Elles ont raison. Elles vont l’avoir.

LE PRÉSIDENT. – Celui qui voudra