Page:Giraudoux - Électre.djvu/185

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dépassaient le sillon, m’a tout à l’heure donné le courage. J’étais l’hypocrisie. Un renard a croisé le chemin, l’œil faux, et j’ai reçu la franchise. Et le couple inséparable des deux pies m’a donné l’indépendance, et la fourmilière la générosité. Si je me suis hâté vers toi, Électre, c’est que tu es le seul être qui puisse me donner sa propre essence.

ÉLECTRE. – Laquelle ?

ÉGISTHE. – J’ai l’impression que c’est quelque chose comme le devoir.

ÉLECTRE. – Mon devoir est sûrement l’ennemi mortel du vôtre. Vous n’épouserez pas Clytemnestre.

LE PRÉSIDENT. – Vous ne l’épouserez pas !

CLYTEMNESTRE. – Et pourquoi ne nous marierions-nous pas ! Pourquoi sacrifierions-nous notre vie à des enfants ingrats ! Oui, j’aime Égisthe. Depuis dix ans, j’aime Égisthe. Depuis dix ans je remets ce mariage par égard pour toi, Électre, et pour