Page:Giraudoux - Électre.djvu/81

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


il ne tombe pas, pour qu’il tombe sur elle. Tous les moyens dont une mère dispose pour recueillir son fils, elle les a encore. Elle peut encore être une courbe, une conque, une pente maternelle, un berceau. Mais elle est restée figée, dressée, et il a chu tout droit, du plus haut de sa mère !

ÉGISTHE. – La cause est entendue, Clytemnestre, nous partons !

CLYTEMNESTRE. – Qu’elle se souvienne ainsi de ce qu’elle a vu à quinze mois, de ce qu’elle n’a pas vu ! Jugez du reste !

ÉGISTHE. – Qui la croit, qui l’écoute, excepté vous !

ÉLECTRE. – Qu’il soit tant de moyens pour empêcher un fils de tomber, j’en vois mille encore, et qu’elle n’ait rien fait !

CLYTEMNESTRE. – Le moindre mouvement et c’est toi qui tombais.

ÉLECTRE. – C’est bien ce que je dis. Tu raisonnais. Tu calculais. Tu étais une nourrice, pas une mère !

CLYTEMNESTRE. – Ma petite Électre…