Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/152

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pour le repos. Mettez mes voiles, répandez mon parfum. Jupiter s’y trompera, et à son avantage. Ne se rend-on pas de ces services entre amies ?

LÉDA. — Sans se le dire, oui, souvent… Charmante femme !

ALCMÈNE. — Pourquoi souriez-vous ?

LÉDA. — Après tout, Alcmène, peut-être dois-je vous écouter ! Plus je vous entends, plus je vous vois, plus je pense qu’à tant d’agréments humains la visite du destin pourrait être fatale, et plus j’ai scrupule à vous attirer de force dans cette assemblée qui réunit aux fêtes de l’année solaire, là-bas, sur ce haut promontoire, les femmes qu’aima Jupiter.

ALCMÈNE. — Cette fameuse assemblée où se déroulent des orgies divines ?

LÉDA. — Des orgies divines ? Mais c’est une calomnie. Des orgies d’idées générales tout au plus, chère petite.