Page:Glatigny - Le Fer rouge, 1870.djvu/12

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Epouvanter encor ceux qui me croyaient morte.
Nous allons retrouver la France libre et forte,
Dont le regard, hâtant les lenteurs du berceau,
En tirait ces enfants sacrés, Hoche et Marceau !
Les rois font leur métier en vendant la patrie ;
Nous la leur reprendrons, toujours belle, inflétrie.
Nous balaîrons encor ces louches majestés,
Ces demi-dieux poussahs, aux doigts ensanglantés,
Qu’on appelle césars, rois, empereurs, que sais-je ?
Le sol redeviendra vierge comme la neige
Des glaciers éternels, partout où nous aurons
Fait retentir le chant triomphal des clairons !
Oh ! Lorsqu’on entendra mon rire de gauloise,
Ce rire dont l’éclat printanier apprivoise
Les lions du désert, comme l’espoir joyeux
Rentrera dans les cœurs sombres et soucieux,
Et comme on redira follement sous les chênes :
Les tyrans sont vaincus, l’homme n’a plus de chaînes ! »
Oui, c’est toi ! C’est ta voix pure qui, ce matin,
À réveillé l’écho de son timbre argentin.
Oh ! Je doutais ! En proie à l’angoisse mortelle ;
Nous demandions depuis si longtemps : « Viendra-t-elle ? »
Hélas ! Nous t’attendions si désespérément,
Que nous disions : « Encore un songe qui nous ment ! »
C’était bien toi pourtant, république, ô guerrière !
Qui nous apparaissais dans un flot de lumière.
Tu savais ton pays presque désespéré ;
Alors, brisant du poing le sépulcre effaré
Qu’avait fermé sur toi la main d’un bandit corse,