Page:Glatigny - Vers les saules, 1870.djvu/17

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Quand on se pend longtemps après une sonnette,
Le cordon, un beau jour, se casse.


Blondine.

Le cordon, un beau jour, se casse.Grand malheur !
On en achète un autre. Après ?


Henri.

Le cordon, un beau jour, se casse.Ô lèvre en fleur !
Vous riez ! Le moulin, haut perché sur la butte,
Sait où votre bonnet, hier, fit sa culbute
Au bruit des rires fous et des claires chansons,
Et, si nous cherchions bien, dans les prochains buissons
Les rubans du bonnet se trouveraient encore.
Abeille, vous savez où le miel se picore :
Ce corsage, ces yeux vifs, témoins éclatants,
Vont proclamer partout vos jeunes dix-huit ans.
Mais moi ! comme un vieillard dont la nuque grisonne,
En matière d’amour, hélas ! je déraisonne,
Et, malgré les appels de vos yeux embrasés,
Ma lèvre ne sait plus où nichent les baisers !


Blondine.

Les cantonniers sont là pour indiquer la voie.


Henri.

Non ! ils se cachent tous, de peur qu’on ne les voie.