Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/101

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gerai pas, je vous en réponds. Avant que vous vinssiez dans ce pays, j’y vivais fort doucement, j’aimais mes voisins, et j’étais bien vu d’eux. À présent, c’est toute autre chose, et tant qu’il en sera de même, que je ne pourrai faire un pas hors de chez moi, sans vous trouver sur mon chemin et sans endurer tous les jours quelque nouvelle mortification, où vous êtes toujours pour quelque chose de près ou de loin, je suis résolu à vous haïr comme la peste. Ainsi, monsieur, si vous voulez vous en aller hors du pays, du royaume même, au diable, si cela vous fait plaisir, de manière que je n’entende plus parler de vous, je vous donne ma parole de ne pas vous chercher la moindre querelle de ma vie. Alors on pourra prôner votre poésie, vos belles gentillesses, vos jolis petits quolibets, comme la chose la plus merveilleuse, sans que je m’en mette en peine le moins du monde.