Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/102

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— M. Tyrrel, soyez un peu raisonnable. Je pourrais désirer que vous quittassiez le pays tout aussi bien que vous le désirez de moi. Je suis venu vous trouver comme mon égal et non comme mon supérieur. Dans la société des hommes, il y a des choses à supporter, et des devoirs à remplir. Personne ne doit se figurer que le monde a été fait pour lui tout seul. Prenons donc les choses comme nous les trouvons, et accommodons-nous sagement aux inconvéniens que nous ne pouvons éviter.

— En vérité, monsieur, voilà qui est parfaitement bien dit, mais je reviens à mon texte : nous sommes comme Dieu nous a faits ; je ne suis, moi, ni philosophe, ni poète, pour m’alambiquer l’esprit à tâcher de me façonner autrement que je ne suis. Quant aux conséquences, il en sera ce qui en sera, nous ferons comme nous pourrons. Ainsi, voyez-vous, je ne me creuserai