Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/115

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qu’une subversion aussi totale puisse s’opérer à si bon marché. »

Il y avait déjà quelques momens qu’il était au lit, et comme tout paraissait tranquille, M. Falkland pensa qu’il dormait, mais c’était une erreur. M. Clare à l’instant ouvrit le rideau et jeta les yeux sur son ami. « Je ne puis dormir, dit-il. Non ; si je pouvais dormir, je me regarderais comme hors d’affaire ; mais il est décidé que j’aurai le dessous. »

« Falkland, c’était à vous que je pensais. Je ne connais personne dont l’avenir me fasse voir de plus belles espérances ; mais veillez sur vous. Que le monde ne soit pas frustré des avantages que lui promettent vos vertus. Je connais vos faiblesses aussi bien que votre force ; vous avez une humeur bouillante et chatouilleuse à l’excès sur le point d’honneur ; et si cette humeur une fois vous entraîne dans un faux pas, vous pouvez de-