Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/14

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


individus d’une race différente de la sienne, et d’une espèce absolument inférieure. Cette illusion de l’orgueil survécut aux mœurs qui lui avaient donné naissance, et de là vint ce sentiment faussement décoré du nom d’honneur, qui s’indigne d’un affront et ne recule point devant un crime, qui rougit d’une humiliation et non d’une bassesse, qui, enfin, ne recherche la vertu qu’à cause de l’éclat qu’elle peut répandre, et comme un ornement dont on pare sa propre renommée.

C’est cette fatale passion que l’auteur a mise en scène dans son roman. Le personnage qui est dominé par elle se précipite de crimes en crimes, et lorsqu’après avoir mis en œuvre