Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/144

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contre le seigneur du lieu. Mais vous voulez voir qui sera le plus habile de nous deux, n’est-ce pas ? Oh, très-bien, l’ami, très-bien, pardieu j’y consens de tout mon cœur ! Dieu me damne, je veux vous faire voir, avant de nous quitter, quelque joli tour de ma façon. Mais sortez bien vite de devant moi, impudent ! Je ne vous en dis pas davantage. Ne venez plus salir mon plancher. »

Pour parler ici le langage du monde, Hawkins était coupable d’une imprudence dans cette affaire. Il parlait à son seigneur sur un ton absolu et tranchant, que la constitution et les usages de ce pays ne permettent pas à un inférieur de prendre ; mais, par-dessus tout, après s’être laissé emporté par un mouvement de vivacité, il aurait dû en prévoir les conséquences. C’était une folie à lui de prétendre contester avec un homme du rang et de la fortune de M. Tyrrel. C’était le combat du