Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/162

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de mes créatures, et cela à la sollicitation d’un homme comme vous, qui a toujours été ma peste ».

— « Pour l’amour de Dieu, M. Tyrrel, que votre ressentiment ne vous rende pas déraisonnable. Supposons que la conduite d’Hawkins soit inexcusable, et qu’il vous ait insulté, est-ce une offense que rien ne puisse expier ? Faut-il, pour contenter votre ressentiment, que vous ayez ruiné le père et fait pendre le fils ? »

— « Vous pouvez en dire tant qu’il vous plaira ; Dieu me damne si vous gagnez rien sur moi. Je ne me pardonne pas de vous avoir seulement écouté une minute. Je ne souffrirai pas que personne prétende arrêter le cours de mon ressentiment ; si j’avais à lui faire grâce, ce serait d’après ma propre volonté, et non pas à la prière de personne. Mais, monsieur, je ne la lui ferai jamais. S’il était là à mes pieds, avec toute sa famille, je les