Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/187

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un nouveau charme qui les portait jusques à l’ivresse.

Elle ne fut pas plutôt arrivée au château, que M. Tyrrel courut pour la recevoir. Il venait d’apprendre le triste événement qui avait en lieu dans le village, et il tremblait pour son aimable cousine. Sa vue lui causa une de ces émotions involontaires, qui sont communes à presque tous les individus de l’espèce humaine. Il était tourmenté de la crainte qu’Émilie ne fût restée victime d’une catastrophe qui n’avait éclaté qu’au milieu de la nuit. Il ne put se défendre des sensations les plus agréables quand il la serra dans ses bras, et quand dans un instant la joie et l’assurance succédèrent à la plus triste et à la plus effrayante incertitude. Émilie ne se vit pas plutôt rendue au lieu de sa demeure qu’elle oublia tout ce qu’elle avait souffert; ses esprits étaient animés, et sa langue ne se lassait pas de parler de son danger et de sa délivrance.