Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/188

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Elle avait déjà plus d’une fois mis M. Tyrrel à la torture par les louanges quelle prodiguait innocemment à monsieur Falkland; mais ce n’était rien en comparaison de l’exaltation et de l’abondance des éloges qui coulaient maintenant de ses lèvres. L’amour n’agissait pas sur elle, dans cette circonstance, comme il eût fait sur une personne accoutumée à rougir, et qui aurait eu dans le cœur moins d’innocence. Elle vantait son activité, ses ressources, sa promptitude à concevoir, sa prudence courageuse à exécuter. Dans son récit naïf, tout était féerie et enchantement; on y voyait un génie bienfaisant qui surveillait et qui dirigeait tout; mais on ne pouvait rien deviner des moyens humains qui avaient servi à l’accomplissement de ses desseins.

M. Tyrrel écouta pendant quelque tems avec patience les rapides effusions de ce cœur innocent; il supporta même d’entendre applaudir l’homme duquel