Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/192

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Quelquefois, dans ce cas là, elle hasardait, d’un air libre et enjoué, quelques mots d’explications : « Mon cher monsieur ! en vérité, je ne conçois rien à votre humeur ! sûrement M. Falkland vous rendrait tous les services du monde......» jusqu’à ce que quelque geste de fureur et d’impatience la forçât de se taire.

A la fin cependant elle vint à bout de se corriger tout-à-fait de ces fautes d’attention, mais il était trop tard. Cette passion, dont son coeur s’était laissé innocemment pénétrer, avait déjà excité les soupçons de M. Tyrrel. L’imagination de celui-ci, ingénieuse à se tourmenter, lui suggérait tous les moyens d’amener la conversation au point où Emilie n’aurait pas manqué de placer l’éloge de M. Falkland, sans les entraves qui retenaient sa langue. La réserve qu’elle gardait alors était plus insupportable que ne l’avait été le flux de ses paroles. Toute la tendresse qu’avait mon-