Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/193

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trée M. Tyrrel pour celle innocente orpheline vint à s’effacer de jour eu jour. Cet engouement pour l’homme qui etait par-dessus tout l’objet de sa haine, lui parut le dernier trait de la persecution d’une maligne destinée. Il se regarda comme arrivé au terme de la prédiction de M. Falkland, condamné par une fatale étoile à être abandonné par toute créature ayant figure humaine; tous les hommes lui semblaient être sous l’influence d’un maudit enchantement qui ne leur faisait aimer que le clinquant et l’artificiel, et leur inspirait une antipathie mortelle contre les productions vraies et simples de la nature. Frappé de tous ces sinistres présages, il ne vit plus miss Melville qu’avec haine et aversion, et habitué comme il l’était à s’abandonner sans reserve à tous ses penchans, il se determina bientôt à sacrifier cette foible victime à son implacable vengeance.