Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/196

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dresse, et ne pouvait pas goûter dans les autres des sentimens dont il ne trouvait aucun germe en lui-même. C’était un habile boxeur; il était porté par inclination aux amusemens où se déploie la force, et les jeux de main étaient pour lui des plaisanteries favorites, qu’il ne regardait pas comme injurieuses quand elles ne laissaient pas de traces après elles. En general il avait les manières très-bruyantes, n’avait pas la moindre attention pour les autres, et était opiniâtre à ne jamais céder, non par une vraie dureté de caractère, mais parce qu’il n’était nullement susceptible de ces impressions dedicates qui, chez les personnes mieux organisées, décident de presque toutes les actions de la vie.

Tel etait l’être à demi-sauvage que la malice industrieuse de M. Tyrrel avait cherché comme le plus propre à ses desseins. Jusques à ce moment l’oppression du despotisme ne s’était guère fait