Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/35

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quer à d’autres. Toutefois il se trouva que ce soir même je soupai avec M. Collins, ce qui arrivait rarement, parce que ses affaires le retenaient souvent dehors. Il ne put s’empêcher de remarquer dans mon air quelque chose d’extraordinaire qui annonçait de l’inquiétude et du chagrin, et il m’en demanda affectueusement la cause. Je cherchai à éluder ses questions ; mais ma jeunesse et mon peu d’expérience du monde étaient peu propres à me servir en cette occasion. D’ailleurs, j’étais habitué à regarder M. Collins comme une personne digne de tout mon attachement et de toute ma confiance ; il me sembla que vu la position où il était, il y avait peu d’inconvénient à le prendre pour mon confident dans cette circonstance. Je lui rendis dans le plus grand détail tout ce qui s’était passé, et je terminai par une ferme déclaration, que bien que j’eusse été la victime d’un véritable caprice, je n’étais nullement tourmenté