Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/36

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pour mon propre compte ; qu’aucun danger, aucune considération d’intérêt personnel ne me ferait jamais faiblir dans ma conduite ; mais que j’étais uniquement sensible au sort de mon malheureux maître, qui au milieu de tous les avantages faits pour conduire au bonheur, et avec tout ce qui peut en rendre digne, me paraissait condamné à un état de souffrance et de peine qu’il avait peu mérité.

M. Collins, pour répondre à cette confidence, m’apprit quelques autres incidens de même nature qui étaient aussi venus à sa connaissance, et il me dit que de tout cela il ne pouvait guère s’empêcher d’en inférer que notre infortuné protecteur avait de temps en temps l’esprit un peu dérangé. Hélas ! ajouta-t-il, il n’a pas toujours été de même. Ferdinando Falkland a été autrefois le plus gai des hommes ; non pas qu’il eût cette gaieté désordonnée qui n’inspire guère que du mépris, et qui