Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/37

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part plutôt d’une cervelle légère que du contentement de l’ame. Sa gaieté n’était jamais sans quelque dignité, elle était parée d’une nuance de raison et de sensibilité, et ne s’écartait jamais du bon goût ni de la décence. Telle qu’elle était cependant, elle annonçait une humeur naturellement enjouée, elle donnait un brillant extraordinaire à sa conversation et tant de charmes à sa société qu’il était en possession de faire les délices de tous les cercles. Vous ne voyez rien, mon cher Williams : vous ne voyez plus que l’ombre de ce Falkland qui était recherché par tous les gens d’esprit et adoré de toutes les femmes. Sa jeunesse, dont le début éclatant avait donné les plus hautes espérances, s’est flétrie dans l’obscurité. Sa sensibilité a été paralysée par une suite d’événemens de la nature la plus mortifiante et la plus cruelle pour sa façon de sentir. Son esprit s’était entiché des chimères d’un honneur faux et fan-