Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/60

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faites, c’est moi qui suis la plus infortunée.

Celui qui fut la première origine de cette chaîne de calamités était un gentilhomme nommé Barnabas Tyrrel, le plus proche voisin de M. Falkland, et son égal en titres et en fortune. À voir cet homme, on aurait dû croire, d’après le genre de son éducation et d’après les habitudes de sa vie, qu’il était l’être le moins propre et le moins disposé à contrarier les jouissances d’un homme tel que M. Falkland. M. Tyrrel eût pu passer pour le vrai modèle de nos écuyers-campagnards. Il était resté de très-bonne heure sous la garde de sa mère, femme d’un esprit fort étroit et qui n’avait d’autre enfant que lui. La seule personne de la famille dont il soit nécessaire de parler, était miss Émilie Melville, fille orpheline d’une sœur du père de M. Tyrrel. Cette demoiselle demeurait dans la maison, et son sort dépendait entièrement de la bienveillance des maîtres.