Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/67

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continuellement venus au secours de cette autorité que lui avaient originairement obtenue son rang et ses prouesses corporelles.

Notre écuyer était près du beau sexe dans une position encore plus digne d’envie que celle où il s’était mis avec les hommes. Il n’y avait pas une mère qui n’enseignât à sa fille à regarder la main de M. Tyrrel comme l’objet le plus élevé de son ambition. Il n’y avait pas une fille qui ne jetât un œil complaisant sur ses formes athlétiques et sur la gloire qu’il s’était acquise par ses rares exploits. Comme il n’y avait pas d’homme assez hardi pour lui contester la supériorité, il n’y avait pas non plus de femme dans ce cercle provincial qui se fît scrupule de préférer son hommage à celui de tout autre soupirant. Son tour d’esprit rodomont et impudent avait pour elles un charme tout particulier, et de voir cet Hercule troquer à leurs pieds sa