Page:Goethe-Nerval - Faust 1828.djvu/188

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jeune famille a baisé ici la main flétrie de son aïeul. Je sens, ô jeune fille ! ton esprit d’ordre murmurer autour de moi, cet esprit qui partage tes jours comme une mère, qui t’instruit à étendre proprement le tapis sur la table et te fait remarquer même les grains de poussière qui crient sous tes pieds. Ô main si chère ! si divine ! La cabane devient par toi riche comme le ciel. Et là…..

(Il lève un rideau de lit.)

Quelles délices cruelles s’emparent de moi ! Je pourrais ici couler des heures entières. Nature ! ici tu faisais rêver agréablement cet ange incarné. Ici reposait cette enfant dont le sang palpitait d’une vie nouvelle ; et ici avec une sainte et pure agitation se formait cette image de Dieu.

Et toi, qui t’y a conduit ? De quels sentimens te trouves-tu agité ? Que veux-tu ici ? Pourquoi ton cœur est-il serré ?… Malheureux Faust, je ne te reconnais plus !