Page:Goethe-Nerval - Faust 1828.djvu/213

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penchant unique et tout puissant... — Tout cela partira-t-il aussi du cœur ?

FAUST.

Laissons cela, cela se fera. — Lorsque pour mes sentimens, pour mon ardeur, je cherche des noms, et n’en trouve point, qu’alors je me jette dans le monde de toute mon ame, que je saisis les plus énergiques expressions, et que ce feu dont je brûle, je l’appelle sans cesse infini, éternel, est-ce là un mensonge diabolique ?

MÉPHISTOPHÉLÈS.

J’ai pourtant raison.

FAUST.

Écoute, et fais bien attention à ceci. — Je te prie d’épargner mes poumons. — Qui veut avoir raison, et possède seulement une langue, l’a certainement. Et viens, je suis rassasié de bavardage, car si tu as raison, c’est que je préfère me taire.