Page:Goethe - Le Renard, 1861, trad. Grenier.djvu/97

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SIXIÈME CHANT.


C’est ainsi que Reineke rentra en grâce auprès du roi. Et le roi s’avança dans un endroit élevé, et, du haut d’une pierre, commanda le silence à tous les animaux assemblés ; il les fit asseoir sur l’herbe d’après leur rang et leur naissance ; Reineke était debout à côté de la reine, et le roi, après s’être recueilli, prit la parole en ces termes : « Écoutez-moi en silence, vous tous, animaux et oiseaux, pauvres et riches, grands et petits, mes barons et vous qui habitez ma cour et ma maison ! Reineke est en mon pouvoir ; il y a peu d’instants, on songeait à le pendre ; mais il m’a révélé des secrets d’État si importants, que, tout bien considéré, je lui rends ma confiance et mes bonnes grâces. La reine, mon épouse, a, de plus, intercédé pour lui ; je me suis laissé émouvoir en sa faveur ; je lui pardonne entièrement, et je lui rends la vie et ses biens ; désormais, la paix que j’ai proclamée