Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/125

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Le bailli, accompagné du dizainier, sortit de la maison et se rendit chez le scribe ; et derrière lui, suivait en fumant comme un bateau à vapeur le distillateur. Ils marchaient ainsi tous trois absorbés dans leurs pensées, la tête basse, lorsque tout à coup, au détour d’une ruelle obscure, ils poussèrent un cri unanime sous un coup violent qui venait de les atteindre au front. Un cri semblable leur répondit. Le bailli, en clignant de l’œil, aperçut avec stupeur devant lui le scribe et deux dizainiers.

— J’allais justement chez toi, maître scribe.

— Et moi, je me rendrais chez Ton Honneur, maître bailli.

— Quelles choses étranges il se passe, maître scribe !

— D’étranges choses ! maître bailli !

— Eh ! quoi donc !…

— La jeunesse est déchaînée ; elle court la rue en bande, mettant tout sens dessus dessous ; et elle célèbre Ton Honneur avec de telles paroles… qu’on a honte de les répéter : Un Moscovite même hésiterait à les prononcer de sa langue impure !