Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/161

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celui qui aurait le moindre point de contact avec Basavriouk serait considéré comme l’ennemi de l’Eglise orthodoxe et de tout le genre humain.

Dans ce même village vivait, chez un Cosaque du nom de Korje, un domestique que les gens appelaient Petre, le sans-famille, peut-être parce qu’il ne se souvenait plus ni de son père ni de sa mère. Le marguillier disait, il est vrai, qu’ils étaient morts de la peste l’année qui avait suivi la naissance de Petre ; mais mon arrière-grand’tante n’en voulait rien croire, et elle s’efforçait de trouver de tous côtés des parents à Petre, bien que celui-ci s’en souciât aussi peu que nous autres de la neige d’antan.

Elle disait que le père de Petre, actuellement dans le pays des Zaporogues, avait été jadis prisonnier chez les Turcs, où il avait souffert des tortures épouvantables et n’était parvenu à s’échapper presque miraculeusement qu’en se travestissant en eunuque. Qu’importait d’ailleurs la parenté de Petre ! Les jeunes filles s’en inquiétaient fort peu. Elles disaient seulement que, si on l’habillait d’un cafetan neuf,