Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/163

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


comme, s’ils eussent voulu s’y mirer, aux cordons fins que les jeunes filles achètent aux Moscovites ambulants pour suspendre au cou leurs croix et leurs médailles ; sa bouche, que les jeunes garçons ne pouvaient regarder sans se pourlécher, semblait comme créée pour ne faire retentir que des chansons de rossignol. Ses cheveux, noirs comme le plumage du corbeau et souples comme du lin (alors les jeunes filles ne les nouaient pas en nattes ; elles les laissaient pendants en les enlaçant de jolis rubans écarlates), ses cheveux tombaient en boucles par derrière sur son kountouch[1] brodé d’or, et que je ne chante plus jamais un seul alleluia dans le chœur, si, moi-même, en la voyant ainsi, je ne m’étais laissé aller à l’embrasser, malgré les cheveux blancs qui se faufilent dans la vieille forêt qui couvre mon crâne et ma vieille qui ne me quitte pas plus qu’une taie sur l’œil.

Or, là où une fille et un garçon vivent côte à côte, vous savez vous-même ce qui arrive :

  1. Sorte de manteau de dessous soutaché qu’on portait anciennement et qui était parfois doublé de fourrures. (Note du traducteur.)