Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/164

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souvent à l’aube on découvrait l’empreinte des talons ferrés des bottes rouges de Pidarca à la place où elle conversait avec son Petrus. Cependant Korje n’aurait eu aucun soupçon, mais voilà qu’un jour (probablement le Malin le poussait) Petrus, étourdiment, apposa de tout son cœur un baiser retentissant sur les lèvres roses de la Cosaque, et, probablement aussi, le même Malin (que ce fils de chien voie la sainte croix en rêve !) fit que le vieux raifort ouvrit au même instant la porte sur le vestibule. Korje pétrifié, bouche béante, prêt à tomber de surprise, se raccrocha de la main à la porte. Ce maudit baiser semblait l’ahurir complètement ; il l’entendait retentir à son oreille comme une grondement de tonnerre.

Revenu à lui, il prit au mur le knout de son grand-père et s’apprêtait déjà à en régaler le dos du pauvre Petre, quand, tout à coup, Yvas, le frère de Pidarca, jeune garçonnet de six ans, accourut, et tout effrayé, entourant de ses petites mains la jambe de son père, se mit à crier : « Père ! Père ! Ne frappe pas Pétrus. » — Que faire ! le cœur d’un père n’est