Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/165

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pas de pierre. Après avoir raccroché le knout au mur, Korje mit doucement Petre à la porte :

— Si jamais tu reparais devant ma maison ou même sous mes fenêtres, tu risques de perdre tes moustaches noires, et que je ne m’appelle plus Korje, si les oceledets[1] qui font deux fois le tour de tes oreilles ne disent pas adieu à ton crâne.

Le léger coup sur la nuque dont il accompagna ces mots, projeta Pétrus hors de la maison comme une pierre sans toucher terre. Ainsi finit l’embrassade.

Le chagrin s’empara de nos tourtereaux. Précisément on commençait à dire dans le village qu’un certain Polonais prenait l’habitude de visiter Korje. C’était un homme tout chamarré d’or, moustachu, avec un sabre, des éperons, des poches qui résonnaient comme l’aumônière avec laquelle notre bedeau Taras fait la quête dans les rangs à l’église.

Eh bien ! on sait pour quelle raison un

  1. Mot ukranien désignant deux mèches de cheveux qui s’enroulent autour des oreilles. (Note du traducteur.)