Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/166

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homme fréquente la maison d’un père qui a une jolie fille aux sourcils noirs.

Voilà qu’un jour, Pidarca tout en larmes prit dans ses bras son jeune frère Ivas et lui dit :

— Ivas, mon chéri ! Ivas, mon adoré ! cours chez Petrus, mon trésor, comme une flèche, raconte-lui ce qui se passe ; dis-lui que j’aimerais toujours ses yeux bruns, que j’embrasserais toujours son visage blanc, mais ma destinée ne le veut pas. J’ai mouillé plus d’un mouchoir de mes larmes brûlantes, le chagrin est comme un poids sur mon cœur, mon propre père devient mon ennemi ; il me force à épouser un Polonais que je ne puis aimer. Dis-lui qu’on fait déjà les préparatifs pour la noce, seulement il n’y aura pas de musique ; les sacristains seuls chanteront au lieu de kobza[1] et de fifres. Je ne danserai pas avec mon fiancé. On m’emportera, ma chambre sera sombre ! sombre ! Ses cloisons seront de bois blanc, et au lieu d’une chemi-

  1. Espèce de mandoline à huit cordes usitée en Ukraine. (Note du traducteur.)