Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/86

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petit visage blanc. Ne crains rien ; il n’y a personne. La soirée est chaude ; et si même quelqu’un survenait, je te couvrirais de ma svitka[1], je t’envelopperais de ma ceinture, je te ferais un écran de mes mains et personne ne nous verrait. Si même le froid se faisait sentir, viens encore : je te presserai plus fort sur mon cœur, je te réchaufferai de mes baisers, j’étendrai mon bonnet sur tes pieds blancs. Ô mon âme ! mon petit poisson ! mon collier ! Montre-toi, ne fût-ce qu’un instant. À travers la petite fenêtre, passe au moins ta petite main blanche. — Mais tu ne dors pas, fille orgueilleuse, reprit-il, en élevant la voix et d’un ton qui trahissait la honte d’être ainsi éconduit. Il te plaît de te moquer de moi, adieu !

Ce disant, il tourna le dos, enfonça son bonnet sur l’oreille et s’éloigna fièrement en promenant doucement ses doigts sur les cordes de la bandoura.

Le loquet en bois de la porte tourna en ce moment, la porte s’ouvrit en grinçant, et une

  1. Cafetan.