Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/87

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


jeune fille à son dix-septième printemps franchit le seuil, enveloppée par le crépuscule et regardant timidement autour d’elle. Dans la demi-obscurité rayonnaient sympathiquement comme de petites étoiles ses yeux clairs, son collier de corail rouge étincelait, et, aux yeux d’aigle du jeune homme, ne pût échapper même la rougeur qui s’alluma pudiquement sur ses joues.

— Que tu es impatient ! lui disait-elle à demi-voix. Te voilà déjà fâché. Pourquoi avoir choisi une pareille heure ? La rue est pleine de monde qui va et vient. Je tremble toute…

— Oh ! Ne tremble pas, ma sensitive. Serre-toi plus fort contre moi, dit le jeune homme en l’entourant de ses bras, après avoir rejeté en arrière sa bandoura suspendue à une courroie, et en s’asseyant avec elle à la porte de la khata. Tu sais bien comme il m’est douloureux de rester une heure sans te voir.

— Sais-tu ce que je pense, interrompit la jeune fille, en fixant sur lui ses yeux songeurs ; — quelque chose me murmure à l’oreille qu’à l’avenir nous ne pourrons plus