Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/94

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


frappe. Sous le coup, une patte est restée armée de ses griffes de fer. Et le chat, en hurlant, disparaît dans l’obscurité.

De toute la journée, la jeune femme ne sortit pas de sa chambre. Elle sortit le troisième jour, mais la main bandée. La pauvre demoiselle comprit que sa marâtre était une sorcière et qu’elle lui avait coupé la main.

Le quatrième jour, le sotnik ordonna à sa fille d’aller à l’eau, de balayer la khata comme une simple moujitchka[1] et de ne plus paraître dans la chambre de maître. C’était dur pour la pauvrette ; mais que faire ? elle se résigna aux ordres de son père. Le cinquième jour, le sotnik chassa sa fille les pieds nus et ne lui donna pas même un morceau de pain pour la route. Alors, seulement, la jeune fille éclata en sanglots, en couvrant de ses mains son blanc visage. — « Tu m’as perdue, ô père ! moi, ta propre fille ! la sorcière perdra ton âme pécheresse. Que Dieu te pardonne ! Pour moi, infortunée, je n’ai plus rien à faire ici-bas… »

— Et là-bas, vois-tu bien ?… Ici Levko se

  1. Femme de moujik.