Page:Goncourt - Journal, t8, 1895.djvu/50

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il a été au moment d’entrer, par la protection de son frère, dans un bureau ou une bibliothèque, et d’échanger contre un traitement de 3000, les 120 000 qu’il gagne maintenant.

Puis, je ne sais par quel chemin, sa parole va à ses livres, et il déclare qu’il n’y a qu’une chose qui blesse son amour-propre, c’est que dans son Tartarin, on n’a vu qu’une fantaisie comique, et qu’on n’a pas reconnu que c’était une sérieuse personnification du Midi, une figure de don Quichotte plus épais.

— Oui, lui dis-je, un don Quichotte mâtiné de Sancho Pança.

— C’est ça… Hein, est-ce bien un Tartarin que ce Numa Gilly… qui voulait tout tuer, tout avaler, et qui devant les duels, les procès, que sa brochure lui amène, se met à pleurer.

Lundi 1er avril. — C’est incontestable, et il faut bien que je me l’avoue, à la reprise d’HENRIETTE MARÉCHAL, j’avais toute la jeunesse avec moi, je l’ai bien encore, mais pas tout entière.

Les décadents, quoiqu’ils descendent un peu de mon style, se sont tournés contre moi. Puis, il y a dans la présente jeunesse, ce côté curieux qui la différencie des jeunesses des autres époques ; elle ne veut pas reconnaître de pères, de générateurs, et se considère, dès l’âge de vingt ans, et dans le balbutiement