Page:Gossuin - L’Image du monde, édition Prior, 1913.djvu/109

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xiv [a].
Des mouvemenz [1] du ciel et des ·vii· planetes. Et de la petitesce de la terre envers le ciel.

Diex donna mouvement au ciel qui si tost vait, et si apertement [2], que nus ne le porroit penser. Mais il ne le [3] vous samble pour [4] sa grandeur. Ne qu’il sambleroit a un homme, se il [5] veoit de bien loing un cheval courre par desus une grant [6] montaingne, il ne li sambleroit [F° 45 c] mie qu’il alast le pas seulement. Et que plus seroit loing de lui, mains tost li sambleroit aler.

Et li ciels si est si ensus de nous, que se une [7] pierre estoit la sus, ausi haut comme les estoiles sont, et fust la plus pesant de tout le monde, de plon ou de metal, et preïst a cheoir de tout en haut, ce est chose prouvée et seüe qu’ele ne seroit pas cheoite jusques a cent anz, tant est loing de nous [b]. Et si [F° 45 d] parest si granz [8] que trestoute [9] la terre qui est entour n’a point de grandeur envers le ciel [10], neant plus que avroit [11] le point el milieu [12] du plus grant compas ne el plus grant cercle [13] que l’en porroit faire [14] en terre. Et se uns hons [15] estoit la sus el ciel, et il regardoit [16] vers terre ça [17] jus, et la terre fust toute ardant tout entour ausi [18] comme charbons ardanz, ele li sambleroit plus petite que la mendre estoile qu’i veoit [19] el [F° 46 a] ciel de terre ça jus, et fust en montaingne ou en valée [c].

Et pour [20] ce puet l’en bien savoir que tost couvient movoir le ciel [21], a ce qu’il li couvient faire [22] ·i· tour [23] entour la terre, que de jour que de nuit [24]. Si comme l’en peut [25] apercevoir par le souleil que nous [26] veons au matin lever vers oriant et coucher [27] vers ocidant [28]. Et puis après a l’endemain le reveons au matin en oriant. Car lors a il parfait [29] ·i· tour que l’en claime [F° 46 b] jour naturel, qui contient en lui jour et nuit [d]. Ainsi [30] va et vient li soleuls que [31] ja n’avra repos. Ne ja ne finera d’aler avoec [32] le ciel, ausi [33] comme le clou qui est fichez [34] en une roe, qui tourne quant ele tournoie.

  1. — B : del mouvement.
  2. — B : qui si tost et si apertement vait.
  3. — B : « le » manque.
  4. — B : nous samble pas pour...
  5. — B : s’il.
  6. — B : une moult grant...
  7. — B : que s’une.
  8. — N : grant.
  9. — B : de « trestoute » jusqu’à « vous veez ci desouz » [f° 47 c] manque.
  10. — N : n’a envers le ciel point de grandeur.
  11. — N : qu’avroit.
  12. — N : melieu.
  13. — A : clergie ; C, N, S et R : cercle.
  14. — N : fere.
  15. — N : homs.
  16. — N : regardast.
  17. — N : « ça » manque.
  18. — N : aussi.
  19. — N : qu’il voit.
  20. — N : por.
  21. — N : le ciel mouvoir.
  22. — N : covient fere.
  23. — N : « tour » manque.
  24. — N : que de nuit que de jourz.
  25. — N : puet.
  26. — N : soulleil que nos.
  27. — « coucher » cf. note f° 14 a.
  28. — N : en oriant et couchier devers ocident.
  29. — N : parfet.
  30. — N : Einsi.
  31. — N : soulleil ; C : souleil qui (« que » cf. note f° 123 b).
  32. — N : avec.
  33. — N : aussi.
  34. — N : fichiez.
  1. [F° 45 b46 d = Vers 1919-1996.]
  2. « Et li ciels... loing de nous. » Sydrach Ad. 152. S. 120.
  3. « Et se uns... ou en valée. » Neckam I. 5 (v. Introd. p. 37).
  4. « Car lors... nuit. » Sydrach S. 492 ; Neckam I. 10 ; Philosophia Mundi II. 28.