Page:Gourmont - Sixtine, 1923.djvu/150

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— C’est, dit Pavona, la porte du ciel. Je veux l’ouvrir moi-même.

Elle entra la première, tenant Guido par la main.

Il faisait, dans la chambre, une nuit bleue, très agréable : le lit, au fond, sous de lourdes draperies, se devinait.

Mignardises et câlineries : Guido se sentait une très amoureuse agitation et Pavona, bien décidée, lui rendait ses baisers, fer pour fer, toute prête à la blessure.

Le ciel de lit, vraiment, trembla vers une oarislys, et voilà que la houle les soulève comme deux vagues jumelles.

— Je t’aime ! cria Guido.

Pavona ouvrit les yeux.

Ils étaient effrayants. Ils étaient pareils aux yeux qui se dessinent sur les plumes de paon, de paon blanc.

Guido s’évanouit et se réveilla dans sa cellule assassin, voleur, parjure.

« Je suis, pensa-t-il, après un moment, le misérable indigne de sa propre pitié. Les crimes que l’on commet en songe, on est capable de les commettre réellement. Ce que le rêve exécute gisait obscurément dans les caves de la volonté, ou bien, ce sont des prophéties et le céleste avis d’une prédestination irrévocable. Ah ! plutôt avoir été criminel que de vivre dans la certitude du crime futur. J’accepte le poids de mes mortels péchés : la pénitence peu à peu les fera fondre comme un sac de sel sous la pluie et mes é